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Jardinage

Les cucurbitacées regroupent 10 genres, des courges aux calebasses

Élise de Montenac 6 min de lecture
Cucurbitacées liste : courgette, concombre et pastèque sur un sac

Publié par : — Rédactrice spécialisée en jardinage

Les cucurbitacées forment une grande famille de plantes à fruits très variés. Courgette, potiron, concombre, melon, pastèque et chayotte en font partie. Pour s’y retrouver, il faut distinguer le nom courant, parfois imprécis, du genre botanique et de l’espèce. Cette liste des cucurbitacées présente les principaux genres cultivés ou utilisés en cuisine, avec des repères concrets pour les identifier.

Ce qui définit une cucurbitacée

Les Cucurbitaceae sont généralement des plantes herbacées annuelles, rampantes ou grimpantes. Elles développent souvent des vrilles, de petits organes en spirale qui les aident à s’accrocher à un support. Leurs tiges sont souvent anguleuses ou rugueuses, leurs feuilles larges et leurs fleurs généralement jaunes, blanches ou crème.

Quiz sur les Cucurbitacées

Le fruit caractéristique de la famille est le péponide : un fruit charnu à l’écorce plus ou moins épaisse, qui contient de nombreuses graines aplaties. Une pastèque, une courge et un concombre ont donc une parenté botanique évidente, même si leur goût, leur texture et leur utilisation en cuisine diffèrent.

La famille compte environ 800 à 1 000 espèces, réparties dans 120 à 130 genres. Toutes ne sont pas cultivées dans les potagers européens et toutes ne sont pas comestibles. La classification phylogénétique APG III rattache ces plantes à l’ordre des Cucurbitales. Dans la pratique, une liste utile se concentre sur les genres qui regroupent les espèces alimentaires, décoratives ou utilitaires les plus connues.

Liste des cucurbitacées : les 10 genres à connaître

Le tableau suivant permet de passer rapidement du nom rencontré au marché ou au jardin à son classement botanique. Certaines appellations commerciales recouvrent plusieurs cultivars ; le nom scientifique reste le repère le plus fiable.

Infographie de la liste des cucurbitacées par genres botaniques et exemples courants
Infographie de la liste des cucurbitacées par genres botaniques et exemples courants
Genre botanique Espèce ou exemple courant Noms communs Usage principal
Cucurbita Cucurbita pepo, C. maxima, C. moschata Courgette, citrouille, potiron, potimarron, butternut, courge spaghetti Cuisine, conservation, décoration
Cucumis Cucumis sativus, C. melo Concombre, cornichon, melon Crudités, pickles, fruit frais
Citrullus Citrullus lanatus Pastèque Fruit frais
Lagenaria Lagenaria siceraria Calebasse, gourde, courge bouteille Jeune fruit cuisiné, objet séché
Luffa Luffa aegyptiaca, L. acutangula Luffa, courge éponge, éponge végétale Jeune fruit cuisiné, fibre domestique
Sechium Sechium edule Chayotte, christophine, mirliton Cuisson, gratin, salade
Momordica Momordica charantia Margose, melon amer Cuisine au goût amer
Benincasa Benincasa hispida Courge cireuse, courge d’hiver chinoise Soupes, mijotés, conservation
Trichosanthes Trichosanthes cucumerina Courge serpent Cuisine de jeunes fruits
Ecballium Ecballium elaterium Concombre d’âne Observation botanique, non alimentaire

Cette sélection couvre les genres les plus utiles pour identifier les cucurbitacées cultivées, ainsi que quelques exemples moins connus. Elle ne constitue pas une liste de toutes les espèces de la famille. Une présentation exhaustive inclurait de nombreux genres sauvages, surtout présents dans les régions tropicales et subtropicales.

Courges, courgettes et melons : les confusions les plus fréquentes

Une courge n’est pas forcément un potiron

Dans le langage courant, le mot « courge » désigne souvent les fruits du genre Cucurbita. Pourtant, les espèces diffèrent. La courgette et la courge spaghetti appartiennent généralement à Cucurbita pepo. Le potiron et le potimarron sont rattachés à Cucurbita maxima. La butternut relève de Cucurbita moschata. Le terme « citrouille » est lui aussi employé de façon variable selon les régions et les usages.

Planche de reconnaissance visuelle des cucurbitacées avec vrilles, fleurs et feuilles
Planche de reconnaissance visuelle des cucurbitacées avec vrilles, fleurs et feuilles

Le bon réflexe consiste à ne pas chercher une équivalence parfaite entre un nom utilisé en cuisine et une espèce botanique. Une variété est une forme sélectionnée au sein d’une espèce ; elle ne forme pas un nouveau genre. « Butternut », « potimarron » ou « pâtisson » sont donc avant tout des repères horticoles et culinaires, pas des réponses taxonomiques complètes.

Le concombre et le cornichon sont très proches

Le concombre et le cornichon relèvent de Cucumis sativus. Leur différence dépend surtout du cultivar choisi et du stade de récolte. Le melon, malgré sa chair sucrée et parfumée, appartient au même genre Cucumis, mais à l’espèce Cucumis melo. La pastèque, elle, n’est pas un melon au sens botanique : elle appartient au genre Citrullus.

Dans un potager, les grandes feuilles peuvent se chevaucher, les tiges progresser sur le sol et les fruits disparaître sous le feuillage. Pour identifier une plante sans l’arracher, observez d’abord la vrille, puis la forme de la fleur et enfin le pédoncule du fruit. Celui des courges est souvent épais et anguleux. Les concombres et les melons portent des fruits plus allongés ou plus souples, selon l’espèce. Cette observation par étapes évite de se fier uniquement à la couleur du fruit, très variable.

Fruit botanique ou légume de cuisine ?

Botaniquement, la plupart des cucurbitacées consommées sont des fruits, car elles se développent après la fécondation de la fleur et renferment des graines. Cela vaut pour la courgette, le concombre, la courge, le melon et la pastèque.

En cuisine, la distinction repose plutôt sur le goût et l’usage. La courgette, la chayotte, la margose et le concombre sont préparés comme des légumes : en poêlée, en gratin, en soupe ou en salade. Le melon et la pastèque sont servis comme fruits frais. Une même famille botanique peut donc se retrouver dans des préparations salées comme dans des desserts.

Les usages ne se limitent pas à l’alimentation. Les calebasses séchées ont longtemps servi de récipients ou d’instruments. Le luffa mûr révèle un réseau de fibres végétales utilisé comme éponge. Les coloquintes, quant à elles, sont surtout décoratives. Leur apparence ne suffit jamais à les considérer comme comestibles.

Reconnaître une cucurbitacée et éviter les erreurs

Les indices visuels les plus fiables

Pour reconnaître une cucurbitacée, recherchez plusieurs signes associés : une tige rampante ou grimpante, des vrilles, de grandes feuilles palmées ou lobées, des fleurs mâles et femelles séparées, puis un fruit riche en graines. Beaucoup d’espèces sont monoïques : elles portent des fleurs mâles et femelles sur le même plant. L’organisation peut toutefois varier selon le genre.

  • La fleur mâle est portée par un pédoncule fin et ne présente pas de renflement à sa base.
  • La fleur femelle possède déjà un petit ovaire, qui ressemble à un fruit miniature.
  • La peau, la forme et le pédoncule du fruit permettent ensuite d’affiner l’identification.
  • Les feuilles seules ne suffisent pas toujours, car elles varient fortement selon les variétés.

Ne goûtez pas un fruit inconnu

La parenté avec les courges comestibles ne garantit pas qu’un fruit puisse être consommé. Certaines cucurbitacées sont ornementales, très amères ou inadaptées à l’alimentation. En cas de doute sur une courge, une courgette ou une coloquinte, abstenez-vous de la goûter. Une amertume intense est un signal à prendre au sérieux : ne cherchez pas à la masquer par la cuisson, le sucre ou les épices.

Pour une identification précise, associez plusieurs informations : l’aspect de la plante entière, la forme du fruit, la période de culture, la provenance des graines et, si possible, l’étiquette variétale. Cette combinaison transforme une simple liste de cucurbitacées en véritable outil de reconnaissance.

Élise de Montenac
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